LE BIOGRAPHE

 

M’appliquer à la biographie des autres m’est venu naturellement : « …C’est inné à la naissance »…dixit Florence Foresti…

  • Mes parents d’origine   française, italienne, espagnole et suisse vivaient en Algérie. Je suis né à Versailles et ai grandi sur le vert vif de prés normands tapissés de vaches. Des déserts et  cités engloutis sous les sables des souvenirs familiaux, étiraient mon imaginaire entre les deux rives de la Méditerranée.
    Très vite, j’ai cherché à écrire les histoires de ces parents, pour humer un peu les écumes des vents bons et mauvais qui habitaient leurs récits : autant de lieux dont j’étais, de facto, exclu. Je grandissais entre pâturages et fromages, crachins et chevaux et les ecchymoses impressionnistes de ces exilés involontaires imprimaient mon présent d’enfant européen de couleurs pastelisées.
  • Ensuite, j’ai eu une vie de responsable formation à Paris et à l’Ile de la Réunion. J’ai aussi beaucoup voyagé et ai vécu un an en Asie. Puis j’ai soutenu une thèse de doctorat en sciences de l’éducation avec le concepteur des histoires de vie en formation. Deux ouvrages (2009 et 2013) transcrivent cette aventure.

Depuis deux ans, j’interpelle mon entourage immédiat sur la nécessité de laisser une trace biographique pour les générations suivantes et rappelle, à l’envi, que j’aimerais faire « ça » : raconter la vie de tout un chacun. Je me suis mis à la vidéo et à la photographie et ai réalisé de petits vidéo-reportages sur des tranches de vies de mes premières victimes gentiment consentantes. Ces expériences ont été très formatrices sur la façon d’accompagner la parole de ceux et celles qui veulent transmettre sans savoir très bien comment le faire.

On dit que les cordonniers sont les plus mal chaussés : – Immergé dans le chaudron de la nécessité biographique après une naissance interculturelle ; – très proche des concepteurs de la validation des acquis de l’expérience, des récits et des histoires de vie en formation, – je ne savais pas qu’un métier de biographe des vies de tout le monde s’était peu à peu structuré …Je sais, c’est le comble…

Au début de l’été 2015, je découvre le site d’un biographe et les aspects concrets de ce métier : Je décide aussitôt de pratiquer « officiellement » cette activité si naturelle pour moi : écouter, percevoir et tisser les vies des autres avec empathie, méthode et pudeur par les plaisirs conjugués de l’écriture et de la mise en forme de transmissions.